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  • Regroupement JSP Nord-Est

    Regroupement JSP Nord-Est

    Hier soir, lundi 30 mars, s’est tenu un regroupement JSP du grand quart Nord-Est, avec une participation substantielle. En cohérence avec cet engagement collectif et nos objectifs communs, l’ordre du jour a été ouvert.
    Après un tour de table, les échanges se sont principalement concentrés sur la question du traitement des plaintes calomnieuses apparaissant opportunément peu avant une procédure JAF.
    Sans tabous, un vaste tour d’horizon a été réalisé : de l’attention particulière portée par nos écoutants (tout est mis en œuvre pour un discernement optimal dans nos rangs), aux différentes modalités permettant d’agir, en veillant prioritairement au maintien du lien enfants-parents.
    En tant qu’adhérent, retrouvez prochainement le compte rendu complet dans notre forum

  • Prévenir plutôt que guérir : et si la convention parentale anticipée protégeait les enfants ?

    Prévenir plutôt que guérir : et si la convention parentale anticipée protégeait les enfants ?

    Le samedi 28 mars, dans le cadre d’échanges interassociatifs que nous cultivons depuis près de deux ans, nous avons eu le plaisir de participer à 4 heures de partage.

    À cette occasion, JSP a mis en lumière une initiative innovante portée par une avocate parisienne avec qui nous avons établi des liens : la mise en place d’une convention parentale… en amont de toute séparation.

    Cette démarche, récemment validée à la demande d’un jeune couple sans projet de rupture, ouvre une voie nouvelle : anticiper pour mieux protéger les enfants des éventuels déchirements familiaux.

    Une piste prometteuse qui mérite d’être explorée et partagée

  • Résidence alternée : calendrier parlementaire PPL 819

    Résidence alternée : calendrier parlementaire PPL 819

    Résidence alternée : JSP suit de près le calendrier parlementaire de la PPL 819 (de concert avec d’autres associations)

    Dans le cadre de la mobilisation de plusieurs acteurs associatifs en faveur de la proposition de loi n°819 visant à soutenir la pratique de la résidence alternée, le président de JSP a échangé par téléphone, lundi 9 mars 2026, avec un attaché parlementaire d’une députée signataire de la dite PPL.

    Au cœur de cet échange figurait la question du calendrier parlementaire et des opportunités d’inscription du texte à l’ordre du jour. Selon l’attaché parlementaire, les « semaines transpartisanes » évoquées dans les discussions politiques correspondent en réalité aux semaines de travail fixées par l’Assemblée Nationale durant lesquelles les groupes parlementaires peuvent inscrire des textes soutenus au-delà des clivages politiques.

    L’ordre du jour de ces semaines est déterminé par la Conférence des présidents de groupe de l’Assemblée nationale, l’instance chargée d’organiser la programmation des débats et des examens de textes. La prochaine réunion de cette conférence doit se tenir le 24 mars. Elle devra notamment arrêter l’ordre du jour de la prochaine semaine transpartisane.

    Cette séquence parlementaire est prévue du 4 au 8 avril 2026, soit deux semaines après les élections municipales. Elle pourrait constituer une fenêtre potentielle pour l’examen de la Proposition de loi n°819 sur la résidence alternée, soutenue par plusieurs associations engagées dans la promotion de l’égalité parentale.

    D’après les informations communiquées lors de cet échange, deux autres semaines transpartisanes sont d’ores et déjà programmées avant l’été : du 11 au 15 mai 2026, puis du 1er au 5 juin 2026.

    Pour les organisations mobilisées autour de la résidence alternée, ces échéances parlementaires représentent autant d’opportunités pour poursuivre les discussions avec les groupes politiques et tenter de faire avancer le texte au sein de l’Assemblée Nationale.

    Enfin, il ressort également d’autres échanges que des opportunités alternatives de mise à l’Ordre du Jour de l’Assemblée Nationale existent. Nous multiplions donc les démarches pour voire aboutir la PPL 819.

  • Rapport 2026 du Haut Conseil à l’Égalité (HCE) : un document qui fracture au lieu de rassembler

    Rapport 2026 du Haut Conseil à l’Égalité (HCE) : un document qui fracture au lieu de rassembler

    Rapport 2026 du Haut Conseil à l’Égalité : quand l’égalité devient un discours à sens unique

    Bérangère Couillard et Laurence Rossignol lors d’un événement institutionnel
    Légende : Bérangère Couillard et Laurence Rossignol lors d’un événement institutionnel —
    source : publication LinkedIn.

    Introduction. Le Haut Conseil à l’Égalité (HCE) a publié en janvier 2026 son rapport annuel sur « l’état des lieux du sexisme en France », sous-titré « la menace masculiniste ». Présenté comme un outil d’alerte et d’éclairage pour les pouvoirs publics, ce document suscite une vive inquiétude parmi de nombreux citoyens, associations et professionnels du terrain.À Jamais Sans Papa, comme chez beaucoup de nos adhérents, la lecture de ce rapport provoque avant tout un sentiment de sidération et de colère froide. Non pas parce qu’il aborde la question du sexisme — sujet légitime et nécessaire — mais parce qu’il le fait de manière déséquilibrée, idéologique et profondément clivante, opposant implicitement les femmes et les hommes au lieu de chercher à les rassembler autour d’un objectif commun.Les analyses présentées ci-dessous s’inscrivent dans un débat d’intérêt général portant sur les politiques publiques d’égalité et sur la justice familiale.

    Une illustration révélatrice d’un entre-soi idéologique

    L’image associée à cet article, issue d’une publication LinkedIn, montre Bérangère Couillard aux côtés de Laurence Rossignol lors d’un événement institutionnel.

    Elle est révélatrice d’un phénomène plus large : le débat public sur l’égalité femmes-hommes est aujourd’hui largement confisqué par un cercle restreint, homogène dans ses convictions, peu enclin à la contradiction et déconnecté de la réalité vécue par de nombreuses familles, notamment sur les questions de parentalité et de justice familiale.

    Un rapport fondé sur une enquête qui pose question

    Le rapport du HCE s’appuie principalement sur un baromètre réalisé par Toluna Harris Interactive auprès de 3 061 personnes âgées de 15 ans et plus, selon la méthode des quotas.

    Si une enquête de cette ampleur peut être pertinente, plusieurs interrogations demeurent :

    • recrutement du panel exclusivement en ligne,
    • manque de transparence sur les profils réellement interrogés,
    • absence de focus spécifique sur les parents concernés par la justice familiale.

    Un échantillon numériquement respectable ne suffit pas à justifier des conclusions aussi générales ni des recommandations aux conséquences potentiellement lourdes pour la cohésion sociale.

    Un rapport qui stigmatise les hommes… et disqualifie aussi les femmes

    Ces derniers jours, le rapport du Haut Conseil à l’Égalité a été largement critiqué pour une raison évidente : il s’intéresse exclusivement au sexisme anti-femmes, sans jamais aborder le sexisme anti-hommes. Cette omission révèle déjà un déséquilibre profond dans l’approche retenue.

    Mais un autre angle, plus troublant encore, mérite d’être souligné : ce rapport porte également une accusation implicite massive à l’encontre des femmes elles-mêmes.

    Le HCE distingue en effet deux formes de sexisme — « hostile » et « paternaliste » — et affirme que 12 % des femmes relèveraient du premier et 18 % du second. Rapportés à la population française âgée de 15 ans et plus, ces chiffres représentent plusieurs millions de femmes.

    Autrement dit, selon le HCE, des millions de femmes mépriseraient ou dévaloriseraient leur propre sexe. Des millions de femmes seraient, en quelque sorte, misogynes.

    Qui s’est autorisé une telle affirmation, à une telle échelle ? Même les courants que le rapport stigmatise sous l’étiquette de « masculinisme » ne se sont jamais livrés à une telle généralisation.

    En prétendant dénoncer le sexisme, le HCE en vient ainsi à produire un discours profondément dévalorisant pour les femmes, présentées comme aliénées, incapables de discernement ou complices inconscientes d’un système qu’elles subiraient pourtant.

    Ce cadrage est doublement problématique. D’une part, il entretient un soupçon généralisé à l’égard des hommes, systématiquement associés à une menace sociale. D’autre part, il assigne des millions de femmes à une forme de soupçon moral collectif.

    Il est dès lors légitime de s’interroger sur la méthode, la rigueur scientifique et la posture intellectuelle d’un organisme qui prétend parler au nom de l’égalité tout en alimentant un tel clivage entre les sexes.

    Une audition au Sénat sans hommes, sur l’égalité…

    Lors de l’audition de la présidente du HCE au Sénat, un fait frappe immédiatement : il n’y avait pas un seul homme dans la salle.

    Ce constat est en contradiction directe avec le discours officiel appelant à « embarquer les hommes » dans les politiques d’égalité. Il illustre un entre-soi institutionnel préoccupant et un manque de pluralité des points de vue.

    « Les enfants ne mentent pas, les femmes ne mentent pas » : la phrase de trop

    « Les enfants ne mentent pas, les femmes ne mentent pas. »

    Cette affirmation, prononcée publiquement par Bérangère Couillard, est accessible en vidéo à partir de 53 minutes et 33 secondes :

    Cette phrase institue une présomption de crédibilité fondée sur le sexe, incompatible avec les principes fondamentaux de la justice et vécue comme une négation de la réalité par de nombreux parents confrontés à des séparations conflictuelles.

    Garde alternée : le double standard poussé à l’absurde

    Cette logique de double standard apparaît de manière particulièrement flagrante lors de l’audition du HCE au Sénat, notamment autour de la 44e minute, lorsqu’est abordée la question de la résidence alternée.

    Le discours est alors sans ambiguïté : mise en garde appuyée, « gros warning » contre toute forme d’automatisation de la garde alternée, au nom des risques supposés et de la protection des mères.

    Dans le même temps, le HCE n’hésite pas à souligner les effets délétères de l’absence paternelle sur le développement psychique des enfants, rappelant qu’une mère ne peut pas « tout faire toute seule ».

    La contradiction est manifeste. D’un côté, on stigmatise les pères dits « absents » et l’on reconnaît l’importance de leur rôle. De l’autre, on refuse de questionner un modèle dominant qui cantonne encore trop souvent les pères à quatre jours par mois auprès de leurs enfants.

    Peut-on sérieusement prétendre qu’un parent disposant de quelques jours mensuels puisse exercer un rôle éducatif structurant, autre que celui du « papa du week-end » ? Peut-on dénoncer l’absence des pères tout en s’opposant systématiquement aux dispositifs qui permettraient leur implication réelle et quotidienne ?

    Cette incohérence n’est pas seulement théorique. Elle a des conséquences concrètes sur la vie de millions d’enfants et de parents, et elle nourrit un profond sentiment d’injustice chez ceux qui voient leur rôle parental réduit par principe.

    Les quotas dans les sciences… mais le silence sur la justice familiale

    Un autre point majeur illustre le caractère profondément asymétrique de l’approche du HCE : sa volonté de promouvoir des politiques correctives dans certains secteurs, sans appliquer le même raisonnement là où il dérange.

    Le HCE plaide ainsi pour des mécanismes correctifs dans les filières scientifiques, afin d’y accroître la représentation des femmes, en invoquant l’existence de biais systémiques, de stéréotypes et de mécanismes d’auto-exclusion.

    Le débat peut être légitime. Mais ce qui interroge, c’est ce que le rapport ne dit pas.

    Car si l’on suit ce raisonnement jusqu’au bout, une question s’impose : pourquoi ce même raisonnement n’est-il jamais appliqué à la justice familiale ?

    La justice aux affaires familiales est aujourd’hui massivement féminisée — tout comme les métiers du social, de la protection de l’enfance et de la petite enfance. Ces secteurs concentrent un pouvoir considérable sur la vie des familles, des enfants et des parents séparés. Pourtant, le HCE ne formule aucune recommandation sur la diversité des profils, la mixité des parcours ou l’éventuel impact de cette sur-représentation sur les décisions rendues.

    Autrement dit :

    • une sur-représentation masculine dans les sciences serait un biais à corriger,
    • une sur-représentation féminine dans la justice familiale serait un non-sujet.

    Ce silence n’est pas neutre. Il révèle une conception de l’égalité à géométrie variable, où les mécanismes de correction ne sont envisagés que lorsqu’ils bénéficient à un camp donné, et jamais lorsqu’ils pourraient remettre en question un équilibre institutionnel existant.

    Cette incohérence est d’autant plus frappante que le HCE affirme, dans le même temps, la nécessité « d’embarquer les hommes » dans les politiques d’égalité. Comment prétendre vouloir associer les hommes, tout en refusant de questionner les espaces où ils sont quasi absents — précisément là où se décident l’avenir de leurs enfants et l’exercice de leur parentalité ?

    Pour de nombreux adhérents de Jamais Sans Papa, ce double discours est perçu comme une discrimination institutionnelle assumée, incompatible avec une conception sincère et universelle de l’égalité.

    Un rapport vécu comme un facteur de clivage par nos adhérents

    Depuis la publication de ce rapport, Jamais Sans Papa reçoit de nombreux retours d’adhérents choqués, blessés et profondément inquiets. Beaucoup y voient un texte qui oppose, stigmatise et fracture, plutôt qu’un outil destiné à rassembler.

    Ce clivage est dangereux. Il fragilise la cohésion sociale, durcit les relations familiales et détourne le débat public de l’essentiel : la protection des enfants et l’égalité réelle des droits et des responsabilités parentales.

    Conclusion : l’égalité ne se construira pas contre une moitié de la population

    L’égalité femmes-hommes ne peut reposer sur la stigmatisation, les présomptions genrées ou le déni de réalités vécues. Elle suppose une approche inclusive, cohérente et respectueuse des droits de chacun.

    Pour Jamais Sans Papa, défendre l’égalité, c’est refuser les discours qui opposent et promouvoir ceux qui protègent réellement les enfants en reconnaissant la place et la responsabilité de leurs deux parents.

  • Violences conjugales : quand les hommes restent invisibles

    Violences conjugales : quand les hommes restent invisibles

    Violences conjugales : quand les hommes restent invisibles

    Article fondé sur le mémoire universitaire « Les hommes victimes de violences conjugales », rédigé par Élodie Gautherot, étudiante en Master 2 de droit pénal et sciences criminelles.

    Depuis plusieurs années, les violences conjugales occupent, à juste titre, une place centrale dans le débat public. Lois renforcées, campagnes de sensibilisation, dispositifs d’urgence : la société française affirme vouloir mieux protéger les victimes. Mais derrière ce consensus apparent subsiste une réalité largement occultée : des hommes sont eux aussi victimes de violences conjugales, et leur prise en compte demeure aujourd’hui insuffisante.

    Cette réalité est documentée par un mémoire universitaire rigoureux, rédigé par Élodie Gautherot. Son travail, fondé sur des entretiens de terrain et une enquête sociologique, confirme ce que l’association Jamais Sans Papa constate au quotidien : la violence conjugale continue d’être traitée sous un prisme genré, au détriment de nombreuses victimes masculines… et de leurs enfants.

    Une réalité juridique… mais une invisibilité sociale

    D’un point de vue juridique, la loi ne distingue pas les victimes selon leur sexe. Les violences conjugales recouvrent une pluralité d’infractions (violences physiques, violences psychologiques, harcèlement, menaces, agressions sexuelles, contrôle coercitif). Pourtant, comme le montre Élodie Gautherot, l’homme victime ne “va pas de soi” dans la perception sociale et institutionnelle : l’imaginaire collectif reste structuré par le schéma “homme auteur / femme victime”, ce qui rend la parole masculine plus difficile à entendre.

    Encadré chiffré — Une réalité largement sous-estimée
    Selon les enquêtes de victimisation analysées dans le mémoire, environ 23 % des victimes de violences conjugales sont des hommes. Près d’un quart des victimes reste ainsi largement invisible dans les discours politiques, médiatiques et institutionnels.

    Des violences bien réelles, souvent multiples

    Le mémoire met en évidence des violences qui ne sont ni marginales ni anecdotiques. Elles sont le plus souvent multiples et cumulatives : violences psychologiques, physiques, sexuelles, chantage, menaces, pressions judiciaires, et parfois instrumentalisation des enfants (aliénation parentale). Les conséquences décrites sont lourdes : isolement, dépression, perte de repères, difficultés de reconstruction et, dans certains cas, désorganisation du lien parental.

    « Encore aujourd’hui, frapper un homme est perçu comme quelque chose de presque humoristique, une humiliation dévirilisante. »
    — Psychologue clinicien, expert judiciaire, cité dans le mémoire

    Encadré chiffré — Des conséquences durables
    L’étude relève que 13 hommes sur 14 (93 %) sont célibataires au moment de l’enquête et que la quasi-totalité évoque des conséquences psychologiques importantes nécessitant un suivi.

    Pourquoi les hommes ne parlent pas (ou trop tard)

    Un constat majeur du mémoire est que les hommes victimes ne se présentent presque jamais spontanément comme victimes. Ils consultent pour un mal-être, une dépression, une séparation conflictuelle ou la peur de perdre leurs enfants. Dans la majorité des cas, l’identification de la violence est faite par un tiers : médecin, psychologue, assistante sociale, association.

    « Aucun homme n’arrive et ne dit : “bonjour, je suis battu”. Ils viennent pour une dépression ou des conflits conjugaux graves. C’est un professionnel extérieur qui identifie la violence. »
    — Psychiatre, centre hospitalier de Saint-Nazaire, cité dans le mémoire

    Élodie Gautherot décrit une double entrave : d’une part l’emprise au sein de la relation (cycle de violence, chantage, menaces, peur de perdre les enfants), d’autre part le regard social, qui renvoie aux hommes l’idée qu’ils seraient plus souvent auteurs que victimes, rendant la reconnaissance et la libération de la parole plus difficiles.

    Encadré chiffré — Un silence massif
    Le mémoire compare victimes enregistrées et enquêtes de victimisation : les chiffres sont multipliés d’environ 1,76 pour les femmes, contre 3,23 pour les hommes. Cela suggère une sous-déclaration nettement plus forte lorsque la victime est un homme.

    Reconnaître toutes les victimes, sans distinction de sexe

    Le mémoire ne nie pas les violences faites aux femmes. Il rappelle un principe simple : une victime est une victime, quel que soit son sexe. Invisibiliser une partie des victimes affaiblit la lutte contre les violences conjugales, renforce le silence, et peut exposer les enfants à des situations d’emprise et de conflictualité extrême.

    Ce que demande Jamais Sans Papa

    À la lumière de ce travail universitaire et de notre expérience de terrain, Jamais Sans Papa appelle à : des campagnes de prévention inclusives, une formation renforcée des professionnels à l’accueil des victimes masculines, un accès équitable aux dispositifs d’aide et aux financements associatifs, et une attention systématique aux enfants, trop souvent pris en otage dans ces situations.

    Pour aller plus loin

    Cet article s’appuie sur le mémoire universitaire « Les hommes victimes de violences conjugales » d’Élodie Gautherot, étudiante en Master 2 de droit pénal et sciences criminelles, fondé sur des entretiens avec des hommes victimes et des professionnels (santé, justice, associations, forces de l’ordre) ainsi qu’un questionnaire.

    Lire le mémoire complet : Les hommes victimes de violences conjugales — Élodie Gautherot

    Jamais Sans Papa continuera de porter cette réalité, non par idéologie, mais par fidélité aux faits, au droit… et aux enfants.

  • Résidence alternée : quand un média refuse la contradiction

    Résidence alternée : quand un média refuse la contradiction

    Résidence alternée : quand un média refuse la contradiction

    Le 13 octobre 2024, Le Huffington Post publiait un article intitulé

    « La résidence alternée n’est pas toujours une bonne idée pour l’enfant, la rendre systématique encore moins »
    .

    Cet article a retenu toute notre attention, tant par son angle que par l’absence de contradiction :
    il ne donne la parole qu’à un seul courant de pensée, sans contre-argumentation ni mise en perspective sérieuse des données disponibles.

    Notre demande de droit de réponse est restée sans suite

    Dès le 14 octobre 2024, les associations SOS Papa et Jamais Sans Papa (toutes deux citées mais non contactées)
    ont adressé une demande formelle de droit de réponse au Huffington Post.

    Malgré un courrier argumenté et sourcé, aucune réponse ne nous a été faite, et aucun droit de réponse n’a été publié.

    Non, la résidence alternée n’est pas un “levier” pour éviter une pension

    L’article laisse entendre que défendre la résidence alternée viserait à éviter le paiement d’une pension alimentaire.
    C’est une présentation juridiquement fausse : le principe de contribution à l’entretien et à l’éducation de l’enfant
    dépend des ressources, indépendamment du mode de résidence (article 371-2 du Code civil).

    Des chiffres présentés à l’envers

    L’article relaie l’idée que lorsque la mère demande la résidence principale et le père la résidence alternée,
    ce serait le père qui “obtiendrait gain de cause” dans une large majorité de cas.
    Or les travaux fondés sur l’étude du ministère de la Justice (rapport de 2013) indiquent au contraire
    qu’en cas d’opposition de la mère, la demande de résidence alternée formulée par le père est rejetée dans la majorité des cas
    (ordre de grandeur d’environ 76,4% de rejets).

    Pour référence :

    Rapport “La résidence des enfants de parents séparés” (Ministère de la Justice, 2013)
    .

    Ce que dit la recherche : sortir des slogans

    La question de la résidence et du temps parental mérite mieux que des caricatures.
    De nombreux travaux internationaux insistent sur la nécessité d’une utilisation rigoureuse des notions (dont l’attachement)
    en contexte judiciaire, et sur l’importance de limiter la désinformation dans les décisions de garde.

    À lire (consensus / clarification scientifique sur l’usage de l’attachement en justice) :

    Forslund et al., “Attachment goes to court: child protection and custody issues” (PubMed)
    .

    Notre position : l’intérêt de l’enfant, fondé sur les faits

    Jamais Sans Papa ne défend ni une “idéologie”, ni une systématisation aveugle.
    Nous défendons un principe simple : l’intérêt de l’enfant doit être examiné avec sérieux, sur des éléments concrets,
    sans disqualification idéologique de celles et ceux qui promeuvent l’égalité parentale.

    Un débat public sain suppose un minimum : le contradictoire.
    Quand des associations sont citées et mises en cause, leur refuser toute réponse n’est ni équilibré, ni respectueux du débat démocratique.

     


     

    📄 Notre droit de réponse (PDF)

  • Note critique – Démasculiniser la justice (Magali Lafourcade)

    Note critique – Démasculiniser la justice (Magali Lafourcade)

    Analyse et contre-argumentaire de l’association Jamais Sans Papa

    « La justice a tué la monarchie, elle peut tuer la République. » — François Mitterrand, 1981

    Jamais Sans Papa – Octobre 2025

    1. Objectif du document

    L’objectif de cette note est de proposer une analyse rigoureuse et documentée de l’ouvrage « Démasculiniser la justice », en confrontant ses affirmations aux données factuelles, aux travaux de recherche internationaux et aux réalités quotidiennes vécues par les familles que nous accompagnons.

    Notre ambition n’est pas de contester l’existence des violences, ni de nier les difficultés spécifiques auxquelles les femmes peuvent être confrontées, mais de rappeler que l’intérêt supérieur de l’enfant repose d’abord sur l’accès équilibré à ses deux parents, dans un cadre judiciaire impartial et détaché de tout biais idéologique.

    Dans un souci de transparence, de dialogue et de respect du débat contradictoire, nous avons transmis cette analyse à Madame Magali Lafourcade et à Monsieur François Lavallière, tous deux magistrats.
    Cette démarche vise à encourager une réflexion institutionnelle plus équilibrée, fondée sur la neutralité du droit et l’égalité réelle entre les parents.

    1. Notre plaidoyer

    Est-ce que la justice familiale contribue à réconcilier ou à diviser ?
    Comment peut-on “démasculiniser” une justice déjà féminisée à près de 90 % dans ses juridictions familiales ?

    La réalité statistique est têtue : après une séparation,

    • près des trois quarts des enfants vivent chez leur mère ;
    • 14 % vivent chez leur père ;
    • 12 % seulement en résidence alternée.

    Et lorsque un père demande la résidence alternée et que la mère s’y oppose,
    celle-ci n’est accordée que dans un cas sur quatre.

    Pourtant, le jour où les pères auront :

    • les mêmes congés parentaux,
    • les mêmes droits à la parentalité,
    • les mêmes possibilités de temps partiel,

    et que la résidence alternée sera la norme,
    alors les femmes seront enfin libres elles aussi.

    Car oui : des abus existent. Des violences existent.
    Mais l’abus de soupçon détruit autant que l’abus de pouvoir.

    Plutôt que de « démasculiniser » une justice déjà massivement féminisée, plutôt que d’opposer les genres, une question essentielle demeure :

    Comment la justice peut-elle remettre l’enfant au centre de ses deux parents ?

    1. Analyse critique du livre

    3.1   — Page 10 — Impartialité prétendument androcentrée

    « Une approche androcentrée de l’impartialité qui avantage plutôt les hommes. » (p.10)

    L’autrice affirme que la justice fonctionnerait encore sur un modèle patriarcal qui privilégierait les hommes.

    Or les données publiques démontrent l’exact inverse :

    Un système prétendument « pensé par des hommes, pour des hommes » … dont les décisions sont majoritairement faites par des femmes, et où les hommes sont plus durement condamnés à faits égaux.

    Cette phrase page 10 relève donc davantage d’une posture militante
    que d’une analyse objective des faits.

    Sources supplémentaires utilisables :

    3.2   — Page 12 — « Ce que l’on ne veut pas voir »

    « Ce livre vise ainsi à dévoiler ce que l’on ne veut pas voir. » (p.12)

    Formulation très subjective : l’autrice ne dévoile pas ce qui est caché, elle met en lumière ce qu’elle voudrait que l’on regarde uniquement.

    Ce qu’elle “oublie” de voir :

    La réalité qu’on “ne veut pas voir” est aussi celle de millions d’hommes en difficulté,
    que la rhétorique du livre évince systématiquement.

    L’égalité commence là où l’on accepte d’observer les deux côtés.

    3.3   — Page 15 — Justice nécessairement « féministe »

    « La justice […] ne peut que s’inscrire dans une approche féministe. » (p.15)

    L’autrice affirme qu’une justice impartiale serait par définition féministe.

    Problème majeur :
    -> Le féminisme tel qu’il est présenté dans ce livre est une idéologie gynocentrique judiciaire,
    -> La justice doit être une institution impartiale.

    Confondre les deux, c’est :

    • Remplacer le droit par la croyance
    • Faire primer un groupe sur l’autre
    • Instaurer une partialité de principe

    La justice n’a pas à être gynocentrique, ni androcentrique.
    Elle doit être neutre.

    La justice a le devoir absolu de garantir l’égalité entre les femmes et les hommes.
    C’est un principe constitutionnel, inscrit dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et dans le bloc de constitutionnalité.

    Même si les mouvements hoministes et féministes plaident tous deux en ce sens, il n’est pas conforme à l’indépendance de la justice de l’inscrire dans un quelconque mouvement (ne serait-ce que pour la préserver de toute radicalité).

    Et les faits ?

    La justice familiale actuelle :

    3.4   — Page 192 — Violences présumées masculines

    « Le droit a vocation à protéger les femmes et les enfants contre les violences masculines. » (p.192)

    Cette phrase postule que la violence serait quasi exclusivement masculine. Même si dans les violences conjugales elles sont majoritairement masculines, c’est une généralisation idéologique factuellement fausse :

    Données officielles sur les violences intrafamiliales

    Données sur les infanticides

    • 70 % des condamnations pour homicides sur mineurs de moins de 15 ans
      concernent des femmes

    Données sur les agressions

    3.5   — Page 199 — Demi-journée « d’oisiveté » masculine

    « En réalité, ils (les hommes) bénéficient de l’équivalent d’une demi-journée supplémentaire d’oisiveté rien que pour eux chaque semaine. » (p.199)

    Cette assertion prétend qu’un privilège masculin s’exerceraient chaque semaine au travers du temps libre. À l’épreuve des faits, cette vision est simpliste et erronée.

    Données clés :

    Si “une demi-journée d’oisiveté” équivalait à un privilège, on constaterait des indicateurs sociaux inversés.
    Au contraire, ils sont largement défavorables aux hommes.

    Conclusion : La phrase de la page 199 avance un mythe du « temps libre masculin », alors que la réalité montre une situation masculine structurellement fragile.

    3.6   — Page 200 — Travail comme refuge pour les hommes

    « Les hommes en couple avec enfants travaillent moins souvent à temps partiel que la moyenne générale des hommes. » (p.200)

    L’autrice suggère que les hommes « se cacheraient » derrière leur travail
    pour éviter la charge parentale.

    Cette interprétation est idéologique, pas statistique.

    Données objectives :

    • Le temps partiel est imposé dans 23 % des cas aux femmes
    • Il est rarement proposé aux hommes dans les mêmes contextes
    • Les hommes restent majoritairement pourvoyeurs financiers dans la cellule familiale

    (Source : https://www.inegalites.fr/temps-partiel-subi)

    La disponibilité parentale n’a de sens que si :
    – les congés parentaux sont égaux
    – le partage financier-familial est équilibré

    Or aujourd’hui :
    -> Les hommes ont moins accès au temps partiel sans être stigmatisés
    -> Les politiques publiques incitent encore à un modèle « père pourvoyeur »

    3.7   — Page 201 — Les hommes mauvais aidants ?

    « À l’inverse, quand les femmes âgées tombent dans la dépendance, leur conjoint est soit décédé, soit peu en capacité ou volontaire pour s’occuper d’elles. » (p.201)

    Ce jugement est réducteur et manque de nuance, car il ignore les contextes structurels et individuels.

    Points de vérification :

    • Le vieillissement entraîne une perte de capacité physique plus rapide chez les hommes après 70 ans
    • Le modèle traditionnel de pourvoyeur financier s’en trouve fragilisé à l’entrée en retraite
    • Les données montrent une majorité de femmes survivantes et de mariages plus anciens — donc fréquent décès du conjoint après 75 ans, ce qui biaise la comparaison

    Source :
    https://www.cairn.info/revue-travail-genre-et-societes-2015-1-page-105.htm

    Par ailleurs, quid des aidants intergénérationnels ?

    3.8   — Page 202 — 40% de pensions impayées : faux chiffre

    « 40 % des pensions alimentaires ne sont pas intégralement versées. » (p.202)

    Ce chiffre est inexact et sans source fiable dans le livre.

    Les sources officielles, elles, indiquent :

    Environ 20 % des pensions alimentaires sont totalement ou partiellement impayées
    pas 40 %
    Source INSEE :
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/2586548

    D’autres enquêtes institutionnelles donnent un ordre de grandeur similaire
    (ex. CAF, Observatoire des familles monoparentales)

    Le doublement du chiffre contribue à diaboliser les pères
    et à discréditer a priori leurs intentions éducatives.

    En outre, rien n’est dit sur la cause des non-paiements : quelle est la part des non-paiements “volontaires” par rapport à des non-paiements subis (perte d’emplois, accident de la vie, …) ?

    3.9   — Page 211 — Congé paternité : un levier positif (point d’accord)

    « Le congé de paternité apparaît alors comme un levier puissant pour infléchir les assignations à des rôles de genre […]. En ouvrant aux pères les mêmes droits qu’aux mères, ces pays ont réduit le “risque maternité” perçu par les employeurs. » (p.211)

    Sur ce point, nous partageons entièrement l’analyse de l’autrice.

    Les études internationales montrent que :

    • Lorsque le congé paternité est long et obligatoire
    • les pères s’impliquent davantage au quotidien
    • l’égalité au travail progresse pour les mères
    • le « risque maternité » n’est plus une pénalité féminine

    Source  :
    OCDE – Parental leave & gender equality
    https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/data/datasets/family-database/pf2_1_parental_leave_systems.pdf
    (ex. études comparatives Espagne, Suède, Danemark)

    L’égalité parentale commence dès la naissance, pas à la séparation.

    3.10           — Page 217 — Infanticides : réalité inversée

    « La première association de défense des intérêts des pères (la Didhem, pour Défense des intérêts des divorcés hommes et de leurs enfants mineurs) est née quelques mois après la retentissante affaire de Cestas, en 1969 : après la mort des enfants tués par leur père, qui s’était suicidé, la foule avait insulté son ex-femme au point que les forces de l’ordre avaient dû la protéger pour qu’elle puisse se recueillir sur la tombe de ses enfants » (p.217)

    Ce passage suggère un lien structurel entre :
    militantisme paternel
    et
    dangerosité des pères

    C’est un glissement rhétorique grave et factuellement faux.

    Les chiffres officiels montrent :

    Ce n’est donc pas un phénomène masculin,
    mais un drame qui touche principalement des mères.

    3.11           — Page 218 — Menaces judiciaires masculines ?

    « … certains ont multiplié les actions en justice pour obtenir la communication des modalités de la séparation, pour non-représentation d’enfants, etc. Bien sûr ils font usage de leurs droits. Mais, si certaines démarches sont authentiques, on ne peut exclure que d’autres aient pour objectif d’épuiser leur ex-compagne financièrement et psychologiquement. » (p.218)

    Dans ce passage, l’auteure présente certains pères comme utilisant la justice à des fins d’épuisement psychologique ou financier de la mère.
    Ce raisonnement est problématique à plusieurs titres :

    • Il repose sur une présomption de mauvaise foi à l’égard des pères, sans preuve généralisée.
    • Il méconnaît le fait que de nombreux pères sont victimes de violences psychologiques ou financières après séparation, ce qui n’est pas pris en compte.
    • Il confond quelques comportements litigieux avec une attribution collective de mauvaise foi à un genre entier.

    Pour une justice équitable, on doit partir du principe de l’égalité et de la présomption d’innocence, non d’un préjugé permanent.

    Sources :

    3.12           — Page 219 — 86% chez la mère : données à contextualiser

    « Parmi ceux qui ne sont pas en résidence alternée, l’immense majorité (86 %) résident chez leur mère et 14 % chez leur père ; la part des enfants résidant chez un tiers est très faible. » (p.219)

    Ce chiffre est factuellement exact
    mais il est présenté sans contexte essentiel, donnant une impression de neutralité statistique.

    La vérité complète est tout autre :

    • Lorsque la mère est d’accord avec la résidence alternée
      → elle est accordée dans l’immense majorité des cas
    • Lorsque la mère s’oppose
      → la résidence alternée est refusée environ 4 fois sur 5

    Le juge suit presque toujours la position de la mère.

    Source officielle :
    https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/migrations/portail/art_pix/1_rapportresidence_11_2013.pdf

    3.13           — Page 221 — Statistiques 2012 dépassées

    « Selon les données du ministère de la justice, le juge prononce dans 63 % des cas la résidence chez la mère, dans 24 % chez le père et dans 12 % chez les deux en résidence alternée. Ces chiffres sont anciens : ils portent sur l’année 2012. » (p.221)

    Ce passage constitue le seul moment du livre où un chiffre pourrait contrarier la thèse centrale :
    =>La justice familiale favoriserait systématiquement les pères.

    La réalité statistique montre au contraire :

    • La majorité des décisions attribuent la résidence à la mère => donc pas une justice patriarcale

    Mais plutôt que d’en tirer les conséquences,
    l’auteure disqualifie immédiatement le chiffre présenté en le décrivant comme :

    « ancien »
    « obsolète »
    « insuffisant »

    Ce procédé rhétorique pose problème :

    • Quand une donnée soutient sa thèse → elle est exploitée
    • Quand une donnée contredit sa thèse → elle est écartée

    Le seul chiffre qui contredit la thèse du patriarcat judiciaire est présenté comme invalide. Ce n’est plus une démonstration : c’est une sélection orientée des faits.

    Source :
    https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/migrations/portail/art_pix/1_rapportresidence_11_2013.pdf

    En tout état de cause, la production de données, les plus exhaustives possibles, actualisées par le ministère de la justice, serait opportune.

    3.14           — Page 227 — SAP nié : invisibilisation de l’aliénation parentale

    « Le “pseudo-syndrome d’aliénation parentale” […] accrédite l’idée que dans la plupart des cas de séparations conflictuelles, le parent avec qui vit l’enfant (la mère le plus souvent) manipulerait l’enfant. […] Il contribue à l’invisibilisation des violences sexuelles faites aux enfants et rend impossible d’être un parent protecteur. » (p.227)

    L’autrice nie l’existence même de l’aliénation parentale et la réduit à une stratégie masculine pour discréditer la parole des femmes.

    C’est scientifiquement et factuellement faux.

    Ce que disent les faits

    ▪️ L’aliénation parentale est un fait qu’on l’appelle ainsi ou autrement « désaffection parentale, … », elle est largement documentée et reconnue internationalement.

    Sources :

    Juridiquement, les tribunaux étrangers (Canada, USA, Espagne, Italie…) intègrent cette notion dans leurs décisions.

    Il n’est pas non plus le moindre des points à souligner : Observer que la première association française (ACALPA) s’étant saisie de la question a notamment été cofondée par deux femmes.

    3.15           — Page 230 — Conflit parental : un faux frein à la résidence alternée

    « De nombreux JAF conditionnent la résidence alternée à une bonne communication, voire une véritable entente au sein du couple parental. Cette norme, là encore, devrait être interrogée […]. » (p.230)

    Ironiquement, l’autrice reconnaît ici que la mauvaise entente est souvent utilisée pour refuser la résidence alternée,
    =>tout en ne remettant jamais en cause le modèle de la résidence exclusive dans ces mêmes situations.

    Ce que disent les recherches internationales

    Les méta-analyses démontrent que :

    Même en situation de conflit parental, les enfants en résidence alternée :

    • présentent moins de troubles psychologiques
    • conservent un meilleur lien avec les deux parents
    • évitent le risque d’emprise d’un seul parent
    • bénéficient d’un meilleur développement social

    Source :

    Le conflit ne justifie pas l’exclusion d’un parent.

    Le vrai facteur de risque

    Ce n’est pas le conflit parental qui met les enfants en danger :
    C’est l’asymétrie relationnelle créée par l’éviction d’un parent.

    Moins l’enfant voit un parent, plus le conflit dure.
    → Donc refuser la résidence alternée entretient le conflit.

    La résidence alternée n’est pas un privilège parental —
    Elle constitue une protection contre la loyauté forcée et l’aliénation, c’est une garantie pour le bon développement des enfants.

    Conditionner la résidence alternée à une entente parfaite,
    revient à donner satisfaction au parent qui pour s’y opposer entretiendrait le conflit.

    3.16           — Page 246 — Perte de niveau de vie : méthodologie discutable

    « Une étude de l’INSEE montre que la perte de niveau de vie directement imputable à la séparation est de l’ordre de 20 % pour les femmes et de seulement 3 % pour les hommes. » (p.246)

    Ce chiffre est utilisé pour souligner l’asymétrie féminine de la vulnérabilité économique après séparation.

    Mais la formulation “directement imputable” est trompeuse, car elle passe sous silence:

    • Les transferts sociaux et allocations familiales perçues par les mères solos
    • Les aides au logement et compléments CAF
    • Le fait que les hommes perdent aussi un niveau de vie mais que des mécanismes statutaires les protègent moins bien
    • Le rôle des enfants à charge et des temps partiels imposés aux mères

    Source :
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/2586548
    → Étude “Variations des niveaux de vie des hommes et des femmes à la suite d’un divorce ou d’une rupture de PACS”

    3.17           — Page 249 — Fiscalité des pensions : un « cadeau » ?

    « La fiscalisation des pensions alimentaires est un cadeau de l’État aux hommes des classes moyennes et supérieures, qui renforce l’inégalité avec les ex-conjointes. » (p.249)

    Ce raisonnement est à la fois incomplet et idéologique, car il :

    • Présuppose que le père est systématiquement le payeur
    • Ignore que les mères peuvent aussi être débitrices de pensions
    • Omet que la fiscalité est un levier de redistribution neutre
    • Sélectionne un seul cas pour construire une généralité politique

    Rien ne montre que cette mesure « profite aux hommes », elle profite au parent payeur, point.

    Source détaillée (analyse juridique et fiscale) :
    https://defendre-les-enfants.eu/actualites/20251023-%F0%9F%93%B0-decryptage-de-lamendement-du-depute-philippe-brun-sur-la-defiscalisation-de-la-pension-alimentaire/

    Par souci d’égalité réelle, l’État devrait considérer le parent qui assume seul la charge du foyer et non son sexe.

    Une politique publique doit viser l’équité, pas la punition fiscale.

    3.18           — Page 251 — Remise en couple des hommes : un non-argument

    « Un bénéfice secondaire a été enregistré pour les hommes divorcés : n’ayant plus à verser une rente mensuelle à leur ex-femme, ils se remettent désormais plus souvent et plus vite en couple. » (p.251)

    Cette phrase est l’un des exemples les plus idéologiques du livre :

    • Aucun chiffre n’est cité
    • Aucun lien n’est démontré entre dépôt de pension et remise en couple
    • La conclusion est moralement accusatoire :
      ➜ celui qui passe à autre chose serait un profiteur
      ➜ celui qui aimerait à nouveau serait un traître économique

    La construction d’un nouveau foyer après séparation n’est ni un privilège, ni un abus : c’est une reconstruction humaine, souhaitable pour les enfants comme les parents.

    Pathologiser la capacité masculine à se relever
    n’est ni scientifique, ni féministe, ni protecteur des enfants.

    Le bonheur retrouvé par un parent ne devrait jamais être présenté comme une injustice.

    1. Aliénation parentale, CIVIISE et dérives idéologiques

    4.1   Position publique de la CIVIISE (Commissariat « violences sexuelles et inceste »)

    La CIVIISE dans son rapport (octobre 2024) déclare que le soi-disant « syndrome d’aliénation parentale »
    « … accrédite l’idée que, dans la plupart des cas de séparations conjugales conflictuelles, le parent qui héberge l’enfant, le parent protecteur, est celui qui « lave le cerveau » de l’enfant. »

    La CIVIISE juge que cette notion « rend invisible les violences sexuelles faites aux enfants, et interdit de reconnaître un parent protecteur. »

    Analyse :

    • La CIVIISE fait un lien direct entre SAP et invisibilisation des violences sexuelles faites aux enfants.
    • Elle rejette la notion de SAP comme « pseudo-syndrome » — ce qui condamne quasi systématiquement l’invocation du SAP par un parent.
    • Cela pose une question : la neutralité de la justice est-elle respectée lorsqu’un rapport institutionnel réduit d’emblée une notion à “pseudo” ?

    Sources :

    Quand un rapport public qualifie d’avance de “pseudo-syndrome” un phénomène signalé par des enfants, c’est l’enfant qu’on exclut de la protection.

    4.2   Le biais interprétatif et militant : réduction des pères à des pourvoyeurs de souffrance

    L’ouvrage a tendance à présenter les pères comme systématiquement responsables des conflits, des manipulations et des souffrances des enfants.

    Analyse critique

    • Le discours ne distingue pas entre pères abusifs et pères protecteurs
    • Il présume d’emblée que « le père agit » et que « la mère subit » — ce qui nie l’égalité
    • Il évacue la notion de solidarité protectrice paternelle, pourtant documentée dans les études sur l’engagement des pères

    Quelques données à intégrer

    • Les études montrent que les pères participent davantage au soin des enfants quand :
      ➜ ils ont accès aux congés parentaux
      ➜ la garde est alternée
    • Exemple : dans les pays nordiques, le congé paternité obligatoire a entraîné une implication accrue des pères dans la vie quotidienne (source : OCDE)
      https://www.oecd.org/en/blogs/2023/01/Paid-parental-leave–Big-differences-for-mothers-and-fathers.html
    • Le livre n’intègre aucune statistique opposée : absence de ratio d’engagement paternel post-conjugale dans son traitement

    Dans cet ouvrage, le discours militant remplace trop souvent le raisonnement factuel.
    Une justice équilibrée doit partir des faits — et admettre que les deux genres peuvent être victimes et acteurs de la parentalité.

    4.3   Approche comparée et internationale : ce que font les autres pays

    Dans plusieurs pays d’Europe du Nord et d’Amérique du Nord, l’équilibre parental et la protection de l’enfant ne sont pas des slogans : ce sont des politiques publiques structurées.

    • En Suède, la résidence alternée est considérée comme la norme sauf danger avéré. Le droit familial s’appuie sur le principe que l’accès aux deux parents est un droit de l’enfant, et non un privilège du parent gardien.
    • En Danemark, un congé paternité long et obligatoire a réduit les stéréotypes de genre, et les études montrent une implication accrue des pères dans la co-éducation.
    • Au Canada, des décisions judiciaires ont reconnu des cas d’aliénation parentale comme faisant partie du cadre de protection de l’enfant.
      Source : études canadiennes sur l’impact de la « Parental Alienation Syndrome » (PAS) et mesures de co-parentalité.

    Sources :

    L’intérêt supérieur de l’enfant ne se limite pas à retenir la mère protectrice, mais à garantir l’accès aux deux parents.
    Les pays les plus performants ne cherchent pas à favoriser un genre,
    ils cherchent à libérer la parentalité.

    1. Bibliographie et sources

    Institutions publiques — Statistiques & Justice

    Médias & Presse (fact-checking & justice)

    Études & organisations internationales

    Recherche & contributions académiques

    Aliénation parentale — prise en compte juridique & scientifique

    Défense & documentation associative

    Annexe A — Tableaux statistiques officiels sur la résidence des enfants

    Résidence fixée par décision judiciaire
    (France — Ministère de la Justice — rapport 2013 basé sur 2012)

    Situation Part des décisions
    Résidence fixée chez la mère 63 %
    Résidence fixée chez le père 24 %
    Résidence alternée 12 %

    Lorsque la mère accepte la résidence alternée → accordée dans 97 % des cas
    Lorsqu’elle refuse → accordée 1 fois sur 5 seulement

    L’accord de la mère = feu vert
    Le refus de la mère = veto

    Source officielle :
    https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/migrations/portail/art_pix/1_rapportresidence_11_2013.pdf

    Annexe B — Effets de la résidence alternée sur l’enfant

    Synthèse de méta-études internationales (USA, Canada, Europe du Nord)

    Aspect mesuré Résidence alternée Résidence exclusive
    Santé psychologique ✅ meilleure ❌ risque accru de troubles
    Relations familiales ✅ lien avec les deux parents ❌ risque de rupture d’un lien
    Résolution des conflits ✅ diminution ❌ conflits prolongés
    Réussite scolaire ✅ meilleure ❌ performance moindre
    Risque d’aliénation parentale ✅ très faible ❌ élevé

    Le conflit parental n’est pas un frein à la résidence alternée
    Au contraire : l’exclusion d’un parent aggrave le conflit

    Sources :

  • Regroupement régional JSP Grand Ouest 18 octobre

    Regroupement régional JSP Grand Ouest 18 octobre

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    Ensemble pour un café JSP le 18 octobre à 14h à côté de Rennes

    Regroupement régional JSP Grand Ouest

    Privés de leurs enfants, ces pères se battent en silence — et les enfants en paient le prix

    Samedi 18 octobre 2025 à Cesson-Sévigné, dans la banlieue de Rennes, se sont réunis au Whitefield Café des adhérents du Grand Ouest de notre association Jamais Sans Papa pour le second regroupement régional de l’année en ces lieux.

    Un hommage émouvant

    C’était notamment l’occasion de médiatiser le don fait à JSP de 1 000 € par la famille de Thomas Childe.
    Thomas est un de ces papas qui a mis fin à ses jours après des années de souffrances liées à sa mise à l’écart de ses enfants de sa première union.
    La maman de Thomas, qui est britannique et sa dernière compagne nous ont expliqué qu’il est d’usage en Grande-Bretagne de faire une collecte à l’occasion de la sépulture pour un don allant dans le sens de la vie du défunt. Ce fut donc un hommage émouvant.

    Nous tenons tout à la fois à rendre hommage à ce papa, à remercier sa famille pour son apport à JSP, et à continuer à sensibiliser sur ces souffrances silencieuses, peu médiatisées, qui pourtant détruisent non seulement des papas, mais aussi leurs enfants.

    … et ces jours-ci nous l’ont rappelé cruellement. Ainsi avons-nous également souhaité rendre hommage à nos adhérents David Kerhoas, à Paris, et Jean Calfort, en Bretagne, tous deux tombés le mois dernier dans un contexte similaire. Ils rejoignent malheureusement les cas de Thibault Steiner début 2024 en Bordelais et Jean-Luc en Mayenne à l’été 2024.

    Hélas, la famille de Jean nous disait que, dans la même quinzaine, un autre papa, sur une commune voisine, avait connu le même funeste destin…

    Si nous nous fions à des publications militantes récentes, on parlerait de trois suicides de papas séparés par jour en France

    Jamais-sans-Papa : la démarche d’un accompagnement global

    Ce que je peux vous dire, c’est que dans notre démarche d’accompagnement global, nul doute que nombre de ceux qui nous appellent, en restant esseulés, pourraient connaître la même fin tragique.

    À ceux qui sont dans le désespoir, le cas de Thomas, par exemple, qui a obtenu une décision post-mortem favorable, doit montrer à quel point il faut savoir garder espoir en toute hypothèse. Nous sommes là pour vous y aider.

    À tous ceux qui participent à l’écoute et à l’accueil au sein de Jamais Sans Papa (JSP), soyez convaincus que votre rôle est précieux.

    Ainsi fut précieux ce qu’a apporté Sylvain Cailly, notre référent en Bretagne, disparu de maladie lui aussi prématurément à la cinquantaine ! Ses fils peuvent être fiers de lui à cet égard.

    À tous, notre volonté est de perpétuer et d’améliorer nos capacités d’accompagnement afin que les papas connaissent une destinée à la hauteur de l’amour qu’ils portent à leurs enfants… et Dieu sait qu’ils leur en portent énormément ! Toutes nos démarches veulent aller dans ce sens.

    Les regroupements régionaux comme celui-ci permettent ainsi, outre cette thématique particulière, un retour des actions associatives de JSP, la remontée des préoccupations de chacun, des points spécifiques ou des échanges avec des professionnels.
    Ce fut le cas, en lien avec la thématique, avec Geneviève Schmit et Sébastien Lacoffe (psychologues) qui sont intervenus à distance et Maître Salomé Bourgeois (avocate à Rennes) qui nous a fait l’honneur de sa présence appréciée toute l’après-midi.

    En tout état de cause, le partage est le fil conducteur.
    La vie de tous et celle de l’association ne peuvent que s’enrichir au travers de ces rencontres.

    Merci à tous nos adhérents qui ont parfois fait plus de 100 km pour y participer.
    Merci à tous ceux qui ont répondu à l’invitation d’une manière ou d’une autre.
    Merci aussi à ceux qui, partageant nos objectifs, nous ont rejoints.

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  • Espace Femmes (74 – Haute-Savoie) refuse un dialogue inter-associatif proposé par Jamais Sans Papa

    Espace Femmes (74 – Haute-Savoie) refuse un dialogue inter-associatif proposé par Jamais Sans Papa

    Espace Femmes (74 – Haute-Savoie) refuse un dialogue inter-associatif proposé par Jamais Sans Papa

    En juin 2025, l’association Jamais Sans Papa a souhaité établir un contact avec l’association Espace Femmes, basée en Haute-Savoie et spécialisée dans l’accompagnement des femmes victimes de violences conjugales et intrafamiliales.
    Cette démarche s’inscrivait dans une volonté d’échanger sur nos approches respectives, sur recommandation de Madame la Députée Véronique Riotton, présidente de la Délégation aux droits des femmes à l’Assemblée nationale.

    Notre objectif : ouvrir un dialogue inter-associatif afin de croiser les regards et explorer les complémentarités possibles, toujours dans l’intérêt supérieur des enfants.

    Nous publions ci-dessous l’intégralité des échanges afin que chacun puisse en prendre connaissance et se forger sa propre opinion.


    1. Notre proposition

    Madame, Monsieur,

    Je me permets de vous écrire en tant que président de l’association Jamais Sans Papa, engagée depuis plusieurs années en faveur de la préservation des liens parents-enfant(s), notamment entre l’enfant et son père dans les situations de séparation conflictuelle.

    Dans un esprit de dialogue et de respect mutuel, nous souhaiterions proposer une rencontre entre nos deux associations, convaincus que le partage de nos expériences respectives pourrait, à terme, contribuer à pacifier certaines situations familiales, au bénéfice des enfants.

    Nous pensons en effet qu’un regard croisé, complémentaire à nos approches sur chacun des parents, permettrait de mieux comprendre les enjeux actuels et de favoriser un climat plus apaisé pour les enfants concernés. Ce dialogue pourrait enrichir mutuellement nos perspectives et nourrir des pratiques plus équilibrées, dans une logique de co-construction.

    C’est dans cette optique que nous avons été encouragés à envisager un tel échange par Madame la Députée Véronique Riotton, présidente de la Délégation aux droits des femmes à l’Assemblée nationale.

    Privilégiant le lien humain, nous sommes disposés à nous déplacer dans vos locaux si cela vous convient ; compte tenu d’autres engagements à proximité, nous avons notamment des opportunités entre le 30 Juin et le 2 Juillet. Nous pouvons bien sûr aussi nous rendre disponibles sur d’autres dates ou pour tout autre format de rencontre que vous jugeriez approprié (visioconférence, lieu tiers, etc.).

    Dans l’attente de votre retour, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

    Paul Gaudin
    (domicile personnel en région de Bordeaux)
    Président Association nationale « Jamais Sans Papa »
    Maison des associations – 74, Rue de Montélier
    26 000 VALENCE
    Tél : 06.07.74.34.74
    http://www.jamais-sans-papa.fr


    2. Leur réponse

    Bonjour Mr Gaudin,

    Nous avons bien reçu votre mail et nous excusons pour notre réponse tardive.

    Nous vous remercions pour cette proposition de rencontre, malheureusement nous ne pourrons y donner suite.

    En effet notre association n’intervient pas dans les situations de conflits familiaux, mais dans les cas de violences conjugales et intrafamiliales, ce qui constitue une différence fondamentale en matière de prise en charge.

    S’il apparaît que dans les situations de conflit les enjeux de maintien du lien parents/enfants sont primordiaux, il n’en va pas de même dans les situations de violences conjugales.
    Dans le cas de violences conjugales, les enjeux sont de l’ordre de la sécurité et de l’intérêt de l’enfant (et non pas de ses parents). Cela nécessite parfois de couper des liens parentaux pouvant compromettre sa santé et sa sécurité.

    Nous constatons malheureusement sur le terrain qu’une grande partie des conjoints violents sont également des pères violents envers leurs enfants. Notre terrain d’action, celui des violences conjugales nécessitant de mettre en sécurité les enfants et leur mère, ne permet pas (selon les situations) de rendre souhaitable le maintien du lien père/enfant. Par ailleurs, lorsque la garde est retirée au père, cela ne relève ni de la décision de la mère ni de la nôtre, mais d’une décision de justice qui a été finement étudiée par des personnes compétentes.

    Bien que nos deux associations n’agissent pas sur le même terrain d’action, nous nous tenons à votre disposition si vous avez besoin d’un complément d’information sur le sujet.

    Je vous prie d’agréer, Monsieur Gaudin, nos très cordiales salutations,

    Flora Plassard (Présidente) pour l’équipe d’Espace Femmes, Geneviève D.


    3. Notre réponse

    Madame Plassard,

    Merci pour votre réponse. Nous prenons acte de votre décision de ne pas donner suite à notre proposition de rencontre.

    Vous précisez que votre structure intervient uniquement dans les situations de violences conjugales et intrafamiliales. Nous comprenons cette spécificité, même si nous estimons que cela ne devrait pas empêcher un dialogue inter-associatif, d’autant plus lorsque l’intérêt de l’enfant est en jeu.

    Nous sommes toutefois interpellés par la généralisation contenue dans votre message, selon laquelle une grande partie des conjoints violents seraient également des pères violents envers leurs enfants. Une telle assertion, formulée sans nuances ni données précises, entretient des représentations problématiques et contribue à entretenir un climat de défiance systématique injustifié à l’égard de la paternité.

    De nombreuses situations familiales, bien que conflictuelles, ne relèvent ni de la violence ni de la dangerosité. Or, nous constatons régulièrement sur le terrain que certains parents, notamment des pères, peuvent être injustement disqualifiés sur la base d’éléments non avérés ou instrumentalisés. Ces dérives sont reconnues par nombre de professionnels de justice ou de la protection de l’enfance.

    C’est précisément pour mieux distinguer ces réalités complexes que nous proposions un échange, dans un esprit d’ouverture et de complémentarité.

    En tant qu’acteurs de terrain, il nous semble essentiel de croiser les regards, plutôt que de figer les postures. Nous regrettons que cette opportunité de dialogue ait été écartée.

    Restant malgré tout à disposition si un jour une réflexion croisée vous semblait envisageable, je vous prie d’agréer, Madame Plassard, l’expression de mes salutations distinguées.

    Paul Gaudin
    (domicile personnel en région de Bordeaux)
    Président Association nationale « Jamais Sans Papa »
    Maison des associations – 74, Rue de Montélier
    26 000 VALENCE
    Tél : 06.07.74.34.74
    http://www.jamais-sans-papa.fr


    4. Analyse

    • La volonté de Jamais Sans Papa d’ouvrir un dialogue constructif avec une structure agissant sur un autre champ d’action.
    • Le refus d’Espaces Femmes (Haute-Savoie) d’y donner suite, au motif d’une divergence de missions.
    • La présence, dans leur réponse, d’une formulation associant la violence conjugale à la paternité dans des termes généraux, sans données objectivées. Ce type d’approche, en décalage avec la diversité des réalités familiales, risque d’entretenir une défiance injustifiée envers les pères dans certaines situations.

    Nous restons convaincus qu’un dialogue ouvert et respectueux entre associations, même aux missions différentes, serait bénéfique à l’intérêt supérieur de l’enfant.

  • PPL 819 sur la garde alternée : un espoir pour les enfants, les Papas et la Justice

    PPL 819 sur la garde alternée : un espoir pour les enfants, les Papas et la Justice

    PPL 819 sur la garde alternée : un espoir pour les enfants, les Papas et la Justice

    La députée Christine Le Nabour a déposé le 21 janvier, une proposition de loi visant à faire de la garde alternée la norme légale, en cas de désaccord entre les parents. Notre association, Jamais sans Papa, s’est mobilisée pour convaincre les députés de soutenir ce texte, qui est d’ores et déjà celui qui a généré la plus large adhésion à l’Assemblée sur le sujet. Son examen est espéré d’ici la fin de l’année.

    La proposition de loi n°819 (PPL 819) déposée le 21 janvier 2025 par Christine Le Nabour, députée d’Ile-et-Vilaine (Ensemble pour la République), n’est pas le premier texte visant à faire de la garde alternée le régime préférentiel (en droit, on parle de « présomption légale »).

    Une des premières propositions de loi allant dans ce sens avait été déposée en octobre 2017, il y a donc 8 ans déjà. Sa rédaction laissait moins de place aux dérogations potentielles, ce qui avait pu freiner certains soutiens. En outre, elle était portée par un député homme et avait été présentée par “seulement” 31 parlementaires, dont 8 femmes, tous issus du Modem.

    Un texte transpartisan et massivement soutenu par les femmes

    Avec la PPL 819, la situation est très différente : début août, le texte a déjà été cosigné par 92 députés, dont 41 femmes. Les dames représentent ainsi près de 45% des signataires, alors qu’elles ne comptent que pour 36% des élus au sein de l’Assemblée.

    Au passage on remarquera que parmi ces 92 signataires figure Véronique Riotton (Haute-Savoie ; Ensemble pour la République), membre du Haut Conseil à l’Egalité et présidente de la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes à l’Assemblée nationale.

    Cette proposition de loi est transpartisane. Elle réunit des signataires des Socialistes à la Droite républicaine, en passant par les différentes composantes du bloc central. Les partis les plus radicaux – LFI et RN – n’ont volontairement pas été sollicités par l’autrice du texte, afin de permettre le plus large soutien possible lors du dépôt de la PPL, certains députés refusant de cosigner une proposition aux côtés de membres d’un de ces deux groupes.

    Une stratégie qui porte ses fruits : 92 signataires, cela représente 1 député sur 6 et même 1 député sur 4 si l’on ne prend pas en compte les deux groupes non sollicités. Jamais un texte sur la garde alternée n’a recueilli un tel soutien avant sa mise au vote.

    Une approche davantage personnelle que politique

    Evidemment, lors du scrutin, tous les élus, quel que soit leur groupe, pourront voter en faveur de cette PPL 819 et il est fort possible que, sur cette question sociétale, les groupes parlementaires n’exigent pas de discipline de vote.

    Jamais Sans Papa a en effet contacté, par messages ou lors de rencontres “présentielles” des dizaines de députés de tous les groupes, LFI et RN compris. Et les nombreux échanges avec ces élus témoignent d’une approche davantage personnelle que politique sur la question de la garde alternée.

    Quelques-uns ont signifié leur net refus de voter le texte. D’autres n’ont pas souhaité le cosigner lors de sa présentation mais pourraient tout de même voter favorablement lors du scrutin. Et beaucoup nous ont signifié leur clair soutien à cette PPL 819.

    L’espoir est donc réel, pour les enfants, les Papas (qui sont les plus nombreux à pâtir d’une résidence exclusive de l’enfant chez l’autre parent, mais des mères sont aussi concernées) mais également pour l’égalité des droits et la Justice avec un J majuscule, de voir cette proposition de loi adoptée d’ici quelques semaines ou mois.

    Si tout va bien, le vote pourrait même avoir lieu d’ici la fin de l’année. Néanmoins, puisque le débat va se poursuivre jusqu’à la mise au vote, il semble plus que jamais nécessaire de poursuivre le travail d’information et de persuasion : l’opposition semble en effet redoubler d’intensité depuis le mois de juin, certaines associations pro-femmes n’hésitant pas à recourir aux arguments les plus fallacieux pour s’opposer à cette évolution en faveur de l’égalité des droits.

    Alors n’hésitez pas à sensibiliser, vous aussi, la ou le député de votre circonscription sur l’importance de voter en faveur de cette PPL 819 (un courrier type peut vous être transmis pour une première démarche. Pour le recevoir, écrivez à contact@jamais-sans-papa.fr).

    Que dit le texte ?

    La PPL 819 comporte un article unique qui instaure la garde alternée comme norme en cas de désaccord entre les parents sur la résidence de l’enfant.

    Mais cette présomption légale ne s’impose pas systématiquement. D’abord, les parents peuvent toujours s’entendre, dans le cadre d’un accord de gré à gré, sur l’établissement de la résidence principale de l’enfant chez l’un d’entre eux.

    Ensuite, le texte prévoit que la garde alternée ne s’applique pas si l’un des parents « démontre » qu’elle est « contraire à l’intérêt supérieur de l’enfant ».

    De plus, le juge peut, « notamment en raison de l’âge de l’enfant ou d’autres circonstances particulières », décider d’une période d’adaptation provisoire « ou prévoir une autre modalité́ [de garde] ».

    Lorsque l’enfant ne peut bénéficier de la garde alternée ou des adaptations susmentionnées, « le juge motive spécialement sa décision et privilégie la solution qui préserve, dans la mesure du possible, la continuité́ de son environnement familial, social et scolaire. »

    Dans son « Exposé des motifs », l’autrice de la PPL rappelle « les nombreuses études mettant en évidence les bienfaits d’une implication équivalente des deux parents » et, au contraire, « les conséquences négatives de l’absence d’un parent dans la vie quotidienne [de l’enfant] ».

    Elle mentionne aussi que « La Convention internationale des droits de l’enfant, dans son article 9, stipule que tout enfant a le droit d’entretenir des contacts réguliers avec ses deux parents, sauf si cela est contraire à son intérêt supérieur. »

    Se plaçant toujours dans l’intérêt de l’enfant, la députée note également que l’instauration de cette « présomption légale » en faveur de la garde alternée « incite à privilégier les solutions équilibrées et limite les conflits parentaux », « réduit les contentieux en offrant un cadre clair et prédéfini » et « favorise une stabilité émotionnelle pour l’enfant, en réduisant les conflits de loyauté et en assurant la continuité des liens affectifs et éducatifs avec ses deux parents. »

    Tout en précisant bien que « les cas de violences domestiques, d’éloignement géographique ou de circonstances particulières continueront d’être examinés avec soin par le juge. Cette disposition ne vise pas à imposer un modèle unique, mais à offrir un cadre clair, équitable et centré sur l’intérêt supérieur de l’enfant. »

    Pour en savoir plus

    Le texte de la proposition de loi et l’exposé des motifs :
    https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b0819_proposition-loi

    La FAQ dédiée à la PPL 819 du collectif Défendre les enfants, très impliqué et très documenté sur le sujet :
    https://defendre-les-enfants.eu/faq

    Le site de la député Christine Le Nabour, qui donne des informations régulières sur l’avancée du texte :
    https://www.christinelenabour.fr/avancees-sur-l-egalite-parentale-et-le-soutien-aux-victimes-de-violences-conjugales.php

    La proposition de loi de 2017 :
    https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b0307_proposition-loi